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Avatar de Dans les cieux de l'enfant
Une lueur vacille entre Terre et Lune. La brume oscille, courant montagnes et dunes. Le monde va ou vient... Le temps grandit ou hésite... L'enfant s'est endormi et rêve de nuages. Moi, A cheval sur la vie. J'écris de la prose

Nombre d'articles : 159
Blog crée le 22 Juin 2007
Blog modifié le 12 Décembre 2008

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Vendredi 3 août 2007 à 0h54
Cheval poème

Cheval poème - Rain-Blog

Vendredi 3 août 2007 à 0h48
Au creux d'un désert
Au creux d'un désert

Au creux d'un désert - Rain-Blog

Vendredi 3 juillet 2007

Mardi 31 juillet 2007 à 23h03
L'enfant d'Itake la Moderne
L'enfant d'Itake la Moderne

L'enfant s'était assit sur la grève que le soleil effleurait
Portant à ses fines lèvres un petit brin de muguet;
Les mains sous le menton, il tanguait tout doucement
Comme danse le ponton des grands bateaux chantants.

***

Le sel craquelait ses fragiles joues; Draps rosés si frêles
L'écho des adultes sirènes essayaient de briser ses rêves;
Il perça ses tympans pour dénier ce chant trop orageux;
Et rendre muets ces discours d'argent; et de gens heureux.

***

Ses paupières battaient si fort qu'il en voyait des lumièes
Hissant l'aile de ses cils épais; pour rejoindre son univers.
Déchirant la voile de ses pupilles tendres. Bravache Icare...
L'oeil de l'enfant rejoignit les perdrix vayageuses et les canards.

***

Il est inconcevable pour ce petit garçon de rejoindre son Itake.
Ulysse est mort et les légendes agonisent; les songes s'échappent...
Chez-lui, on fait des billets de banque avec les pages du livre d'Homère.
Et, si l'enfant revenait; on étoufferait du doigt toutes ses belles chimères.

© Calli Kayan

Mardi 31 juillet 2007
Lundi 30 juillet 2007 à 15h10
L'assembleur d'écho
L'assembleur d'écho

Du silence de mon travail découlera l'écho.

Du bois que l'on entaille au chant final des mots;
De la naissance prodigue à la gloire grandissante.
Mes larmes brisent la digue, fières de celui que j'enfante.

***

Du silence de mon amour découlera cet écho.
Sous les lumières dansantes les yeux mi-clos...
Je m'ouvre au chant de l'enfant; sa mélodie de coeur.
Ecoutez mes vers sans paroles, lisez sur mes pleurs...

***

La rivière indolente qui coule invisible mais tenace
Je murmure ces notes de solfège que je connais mot à mot
Lisez sur les sillons que mes larmes vous trace
Moi, père de l'art; je suis l'accordeur de ce piano.

© Calli Kayan
Dimanche 29 juillet
Dimanche 29 juillet 2007 à 1h15
Cette ville d'ombre et de lumière
Cette ville d'ombre et de lumière

Les lourdes paupières de la ville se closent

Murant dans la pierre les étoiles qui éclosent.
Condamnant au répit; le bonheur des habitants ;
Couvrant, le temps d’une nuit les espoirs tentants.

***

J’ai serré contre mon corps la clé de cette ville ;
Espérant retenir encore les années qui défilent.
Ces années-là ont passé...puis j’ai grandis malgré moi
Et, les hortensias trop âgés se sont flétrit sur les toits.

***

Pourtant, le temps est heureux, de nouveaux cris ; teinté
Tandis que s’en vont aux cieux; les grands-pères éreintés…
Leur petits-enfants arrondissent les ventres et nous rendent la foi
Et lui; ce joyeux printemps débonnaire, remplace les fleurs d’hortensias.

***

Les années ont passé, j’ai grandis, puis vieilli malgré moi.
Ne pleurant que trop la perte d’un passé, nourrissant mon futur d’effroi
Dans la ville ou je fus enfant . sous les toits de charbonnes
Et cette ville vous l’aurez deviné, c’est mon cœur, mon âme et ma foi.

© Calli Kayan
Samedi 28 juillet 2007
Dimanche 29 juillet 2007 à 1h08
Le coureur du désert
Le coureur du désert

Là-bas en Occident, on dit "droits de l'homme".
Moi, j'ai dix printemps et cent-dix automnes.
Mes cicatrices rient de ces futiles rêveries...
De ces jolis esprits et de ces droits si bien écrits.

***

Je tais mes blessures avec des pleurs de sable.
Ma peau frêle se fissure, larmes sucrées d'érable.
A l'ombre du grand arbre je repose mes flancs
Quelques pensées macabres, révolte d'un instant.

***

Je courrai sous silence demain, pour les Emirats ;
Os fragiles d'enfance se briseront en fins éclats...
Sur le dos du dromadaire, esclave d'Ethiopie...
Dans l'étouffante poussière mourra, c'est écrit.

***

Moi, j'ai dix printemps et cent-dix automnes.
Là-bas en Occident, on disait "droits de l'homme".
Qui parlera un jour des interdits de l'Orient ?
Pour les courses et leurs atours, que meurent ces enfants !

© Calli Kayan
Mardi 24 juillet 2007

Lescourses de dromadaires, très prisées en Orient, exploitent des enfants.Les Emirays payent des 4*4 au propriétaire du dromadaire gagnant. Pouravoir plus de chances, ils achètent des enfants du tiers-monde à leursparents ; il faut que ceux-ci soient petits et légers. L'enfant doitavoir plus de 15 ans en théorie, évidement des enfants de 6-7 ans ycourent... A l'origine, ces courses étaient courues par lesenfants-même des propriétaires, mais c'est devenu trop dangereux àcause de la vitesse ; alors ils se sont rabbatus sur les enfantsd'Ethiopie et d'autres pays du tiers-monde. Le silence de l'enfant demon poème c'est parce qu'on en parle jamais. C'est tabou ! Il y a tantd'argent à gagner...et puis il y a plus "inéeressant" comme scoop.N'oublions pas que des enfants souffrent ; leurs mains lacérées à causede la vitesse et de la force de la bête et leur dignité que l'ondétruit...évidement il y a aussi des morts, parmi ces enfants-là.
Lundi 23 juillet 2007 à 23h30
Poète songeur
Le poète songeur

Les poèmes sont de fragiles notes de solfège
Les peines et les joies galopent sur la partition...
La symphonie des larmes les suivent en cortège ;
La guitare rit, la flûte pleure et danse le violon.

Nos âmes dessinent les méandres d'une rêverie,
Dévalant, en écrits, les ruisseaux d'encre de chine.
L'émotion dévoile les chemins cachés de la vie...
Explorant les sentiers de nos pensées chagrines ;

Et cette plume soyeuse qui nous porte sur ses flancs,
Eparpillant à tire-d'ailes la myriade de nuages si gris,
Emmenant avec elle le poète songeur, son amant.
Pour oublier un instant, la souffrances de nos esprits

© Calli Kayan
Mercredi 18 juillet 2007
Mercredi 18 juillet 2007 à 22h35
Les étoiles ne vivent que la nuit " suite"

Les poèmes sont de fragiles notes de solfège
Les peines et les joies galopent sur la partition...
La symphonie des larmes les suivent en cortège;
La guitare rit; la flûte pleure, et danse le violon.

 

Nadji se massa le crâne tandis qu'il reprenait ses esprits et se relevait. Sa main noueuse courrut le contour de ses yeux pour s'assurer que les vieilles lunettes soient toujours en place. Fidèles, ces dernières reposaient sur le bout de son nez; branlantes, sales; fissurées mais toujours présentes. La main de Nadji descendit alors le long de son corps maigre pour retrouver son bâton sec. Le rituel accomplit; il se mira une dernière fois dans la mare pboueuse; il n'y trouva que le reflet tremblotant de sa silhouette; la girafe en lapant l'eau, en avait troublé  la surface pour quelques heures. La fatigue le fit tanguer comme une pirogue buttant sur une vague capricieuse; pourtant, se massant le dos et se tenant le rein, grinçant comme une vieille porte grincheuse l'homme se leva en grimaçant. La fatigue pleuvait sur ses épaules frêles, cahin-caha sa marche continuait; irrégulière, affaiblit mais empreinte d'une force certaine.

Le soleil demeurait sur son trône à midi; fidèle au rendez-vous chaque jour depuis des mois; Ne laissant nul répis aux êtres humains et aux animaux; courbant les échines et accouchant de gouttes de sueurs sur les fronts ridés par la chaleur. Nadji s'arrêta un instant et regarda derrière lui; il sentait quelque chose qui le suivait...comme toujours, mais jamais il ne voyait cette fameuse "chose"...comme toujours. Lassé de cette poursuite sans poursuivant il leva les yeux au ciel; ses doigts délaissèrent l'unique branche de lunettes un instant pour se poster sur le front du vieil homme qui fixait le soleil moqueur.

Il s'arrêta pour s'assoir contre un acacia. L'herbe jaunie chatouillait les doigts de pieds qui dépassait des sandales taillées dans des pneus usés. Il soupira; pencha la tête légèrement et remercia l'arbre épineux de lui fournir un peu d'ombre. Rien ne bougeait à l'horizon; même les feuilles friandes de la moindre brise restaient immobiles; essayant de capter en vain un petit souffle de vent pour danser comme elles aimaient tant le faire. Nadji remâchait les paroles de la girafe comme un zèbre ruminant lorsque son regard baissé vit se profiler une ombre étrangère près de lui. Il pensa à un nuage et leva son regard empplit soudain d'un grandissant...d'un grandissant...quoi au juste ? Il allait méditer sur la question lorsque l'ombre fine se dessina un peu mieux. Les contours apparurent plus nettement et Nadji devina la silhouette d'une gazelle de thomson. Cette dernière était venue jusqu'au pieds du vieillard pour broutter les brindilles qui chatouillaient ses orteils. Frissonnante la fragile créature effrayée restait pourtant là; si près de Nadji que tendre la main lui aurait permis de toucher la soyeuse toison brune de l'animal.

Etrange cette petite gazelle qui semblait chercher à vaincre sa peur de l'homme. Nadji se demanda pourquoi elle se risquait si proche de lui; pourquoi malgré ses genoux tremblants la gazelle continuait de brouter; ses grands yeux noirs craintifs rivés sur son visage. Perdu dans ses pensées; tandis qu'il cherchait le pourquoi, le vieil homme sentit le souffle de son grand père lui revenir en mémoire et murmurer « ferme tes yeux, écoute le silence, et tu verras qu’il parle ». Alors le bruit des dents fines de l'animal se mirent à composer une chansonnette; ses sabots frappant sur le sol desséché et ses tremblantes pattes se mirent à parler...comme le cil de la girafe.

"Tam-tam-tam…Tambour battant t’en vas grand-père, chercher l’espoir pour les enfants. Tam-tam-tam…toi qui sais désormais que le bonheur n'est point l'espoir...La girafe t'as appris à savoir ce que tu voulais vraiment; mais saurais-tu le reconnaître ? tam-tam-tam L'espoir n'est pas la plus belle plume d'oiseau; une pierre scintillante tam-tam-tam. Impalpable comme le souffle de vie entre tes lèvres; tam-tam-tam, comme un battement de coeur: si fragile, si petit mais agent de survie. Et si l'espoir n'est point le vent qui court les dunes, il est son frère. Tam-tam-tam...S'éteignant affaiblit lorsqu'on le refuse. Tam-tam-tam...Invisible à tes yeux ou à tes verres de lunettes; il court sans se soucier du temps bi de l'espace. Tam-tam-tam...silencieux sans laisser d'empreinte, libre de prédateur. Il te faudra chercher un seigneur invisible et silencieux tout simplement Tam-tam-tam .... sauras-tu grand-père Nadjji toi qui sais ce que tu cherches, sauras -tu désormais le reconnaître aussi? Tam-tam-tam...Tam-tam-tam…Tambour battant t’en vas grand-père, chercher l’espoir pour les enfants. Tam-tam-tam…"

Après cette utlime note de solfège des pattes de la bêtes et le chant de ses machoîres tout s'arrêta brusquement. Un bond gracieux conclut cette rencontre; tandis que, Nadji s'éveillait une fois de plus, effrayant la gazelle en s'étirant et en posant sur ses yeux les lunettes brisées

_______________________________

@ suivre

© Calli Kayan

Mardi 17 juillet 2007 à 22h47
La jeunesse d'un antan

La jeunesse d'un antan

Quelques mèches de cheveux blancs qui s'éparpillent...
Courant le chemin d'une ride, traçants un passé éloigné;
Une histoire glorieuse que la maladie du temps pille.
Arrachant l'or des fils de la jeunesse de l'être aimé.

***

Tu te raccroches à ces cheveux filins et tombe avec eux;
Son regard las a perdu la lueur que tu recherchais.
Dans ta chute, tu entraînes le souvenir de tes yeux...
Défunte l'image de jeunesse de cet être que tu aimais.

***

Ce n'est pas ton dos qui te fais le plus souffrir, mais le sien
C'est son échine courbée qui te brûle tant et t'épuise.
L'épée de combat glisse des doigts et s'abîment les reins;
Les crocs du temps ont cassé cet être; les os se brisent.

***

Par sa respiration haletante, tu sens que t'étouffent ces chaînes
La lueur de ses yeux est juge sévère de ta propre fatigue.
Tu sais que tu veillis, c'est sa souffrance qui t'apprend la tienne,
Car ce que tu refuses en toi, l'autre te l'offre sans mensonge.

***

C'est pourquoi, vieille femme, tu t'es languis de ton amant.
Pour t'avoir avoué de son regard ta terrible déchéance,
Tu le crains, cet homme aux cheveux si rares et si blancs
Tu le hais, cet être ami et compagnon que tu chérissais tant.

 

© Calli Kayan

Samedi 14 juillet 2007

Dimanche 15 juillet 2007 à 18h56
Les étoiles ne vivent que la nuit
Les étoiles ne vivent que la nuit


Si les étoiles étaient bleues la lune serait rose;
Et si le ciel devenait encre, j'écrirai de la prose
A cheval sur une brune comète fougueuse
Sous le regard des filantes songeuses…



Les grains de sables du temps cristallisés par le froid de la nuit reprenaient vie dans le grand désert. Comme des petites lanternes que le souffle du Kenya auraient éteintes, les étoiles disparaissaient une à une du ciel rose et déjà la silhouette des femmes s’agitait dans les cases. Nadji regardait les échines se courber et la poussière s’élever tout autour. D’une main, il maintenait ses lunettes qui n’avaient de cesse de glisser le long de son nez épaté. Nadji soupira, à l’image de leur maître, ses lunettes étaient trop vieilles ; la branche droite était cassé et les deux verres fissurés. Son regard se porta ensuite sur les ombres droites et sveltes qui allaient puiser un peu d’eau. Les larmes de la Terre se faisaient de plus en plus rares; la saison de sécheresse s’éternisait et les tribus désespéraient. Nadji s’appuya sur sa canne, une main dans le dos il se mit en marche ; courbé comme toujours. Il semblait en proie d’un autre fardeau que celui de la vieillesse, oui autre chose, c’était le message qu’envoyaient ses grands yeux bruns embués derrière ses lunettes. Nadji c’était le fou du village, il s’enfuyait chaque jour à l’aube. Personne ne s’inquiétait, il reviendrait comme toujours, vers midi, trop épuisé pour continuer sa ronde.

Mais pour lui, rien de plus normal. Ca ne le dérangeait pas de parcourir sans cesse les mêmes sentiers, il connaissait même chaque grain de sable ; ces mottes de terre qui s’effritent sous vos pieds, cette sensation qui vous prenait à la gorge lorsque les particules de poussière enserraient votre cou, comme pour vous étouffer. Nadji se retourna, comme toujours ; au même endroit, au virage, prêt du grand peuplier. Il posa ses doigts noueux sur le tronc rugueux, tandis que son autre main tenait ses éternelles lunettes. Le vieil homme, assuré que personne ne le suivait se dirigea cahin-caha dans la savane. Il marchait, sans savoir où il allait, semant derrière lui des empreintes éphémères et une souffrance certaine. Lorsqu’il cheminait, Nadji regardait, cherchant aux creux de troncs…Un espoir.

_________________
 

Si mes verres de lunettes étaient d'arc-en-ciel,
Je pourrai choisir mes couleurs pour voir la vie...
Et si jamais mon esprit était éprit d'une envie...
Ce serait celle d'offrir mes lunettes aux enfants.


Le sourire douloureux des enfants de sa tribu lui revint en mémoire, comme pour lui rappeler qu’il devait encore chercher, malgré la fatigue qui pleuvait sur ses maigres épaules. La faim et la soif des petits avaient fait taire leur rire cristallin. C’est donc sans savoir que chercher, que le vieil homme cherchait. Il aurait aimé donner en pâture son vieux corps aux vautours, ne serait-ce que pour entendre une ultime fois les chant d’enfants. Nadji tomba à genoux, éreinté. Maudissant son âge avancé le vieillard se remit debout et réfléchit un long moment, que faire ? Il avait déjà rapporté au village un oiseau de paradis, mais le bel animal était mort dans sa cage ; ce qui avait rendu les enfants encore plus tristes. Successivement il avait rapporté les plus beaux cadeaux que dame nature puisse faire. Des pierres qui emprisonnaient les rayons du soleil, de magnifiques coquillages, des plumes chatoyantes et même des cornes de gazelle de thomson. Nadji décida, en dernier recours, de se risquer aux abords du point d’eau, rendez-vous de toutes les proies et prédateurs en saison sèche.

Nadji avait soif lorsqu’il parvint à la mare boueuse dans laquelle des centaines de zèbres nerveux buvaient...Mais il savait que non loin de là les lionnes observaient, cherchant à déceler la moindre faiblesse chez une bête pour se jeter sur elle. Nadji chercha du regard ce qui pourrait rendre heureux les enfants. Il fouilla les abords tumultueux du point d’eau, que les sabots piétinaient. Il cherchait une jolie chose, la plus belle, qui part son éclat ferait briller les dents blanches des petits garçons et des petites filles. Le vieil homme essuya ses verres fissurés avec sa vieille peau de léopard toute abîmée puis, le dos courbé attendit que les carnivores et les herbivores s’en aillent rejoindre les poussières brûlantes des plaines desséchés. Nadji soupira, voilà enfin la possibilité pour lui de continuer sa mission. Mission si inutile en apparence ; mais qui faisait tenir Nadji. Il était âgé et se sentait inutile… Alors il avait décidé de se confier la tâche la plus simpliste d’esprit, mais aussi la plus difficile à réaliser ; celle à laquelle aucun guerrier ne se serait intéressé tant était ridicule cette chimère.

_________________
 
 

Dites-moi où trouver, pour ces enfants
Une couleur d’esprit qui ne soit pas monotone
Que leur feuille blanche soit d’automne
Sans mourir, ni tomber cependant


Nadji s’approcha des lieux et ne trouva rien d’autre que des empreintes par milliers ; une odeur fauve et une marre encore plus boueuse qu’avant. La chasse à l’espoir n’était pas facile et le vieil homme en avait perdu la notion même du mot. Il s’assit au bord de l’eau et attrapa une brindille cassée par la course des gnous… Rêveur, Nadji traça quelques cercles dans la marre, pareils aux rides qui sillonnaient son visage. Ses cheveux éparses son front haut, gris comme un nuage hésitant entre colère et bienveillance dansaient sous la brise chaude de midi ; brise ardente qui coupait les haleines et brûlait le corps ; tannant la peau et les cœurs. Nadji se redressa soudain, réveillé de sa torpeur par une langue bleue et tortueuse qui l’aspergea au passage en ramenant le précieux liquide dans la bouche de sa propriétaire. Une girafe, visiblement trop assoiffée pour craindre l’homme venait de plier ses deux pattes avant pour soulager son corps déshydraté.

Nadji réagit immédiatement, se sachant en danger, l’animal pesait bien plus de deux tonnes et si un sabot venait à le heurter, il briserait la fragile ossature humaine en un clin d’œil. Il se redressa doucement, effrayé par la créature immense, lentement, sans faire de gestes brusques l’homme s’éloigna, puis essaya de partir discrètement. Il se retourna furtivement pour voir si personne ne l’avait suivit, comme à son habitude. Nadji sursauta en voyant sa propre silhouette se refléter dans l’œil brun de l’animal. Les long cils ombragés de la girafe se fermèrent un instant tandis qu’elle buvait, puis se rouvrirent de moitié ; là Nadji put contempler à loisir ce qu’il était : un vieillard courbé, avec une main gauche appuyée sur un bâton aussi noueux que sa peau et une mains droite pour tenir ses lunettes près de ses yeux. La girafe lapait l’eau, et le rythme régulier de sa langue absorbant le breuvage, ainsi que le bruit mat de ses paupières chantaient étrangement. Le vieillard sentit que son cœur à l’écoute de la mélopée sans paroles se calmait. Il se rassit et écouta en fixant la girafe… tam-tam-tam…

________________

 

Un peu de sel sur tes paupières
Les larmes de girafe parlent-elles ?
Raconte-moi tes songes. Parle moi en silence,
Où se trouve l’espoir que j’offrirai à l’enfance?



Tam-tam-tam…Nadji n’entendait rien d’autre que ce chant incompréhensible, et pourtant quelque chose le retenait ici. En temps normal il se serait dit qu’il serait bien fou d’attendre qu’une girafe lui parle, pourtant il n’était pas étonné aujourd’hui, impassible il attendit. Tam-tam-tam toujours rien ; le vieil homme sentit le souffle de son grand père lui revenir en mémoire et murmurer « ferme tes yeux, écoute le silence, et tu verras qu’il parle ». Ainsi le vieil homme obéit-il à ses souvenirs et clos ses paupières. Tam-tam-tam…

Tam-tam-tam…Tambour battant t’en vas grand-père, chercher l’espoir pour les enfants. Tam-tam-tam…Mais chercher ce que tu cherches vraiment tu dois avant tout…Grand-père Nadji veux-tu le bonheur ou l’espoir ? Tam-Tam-Tam… L’espoir que tu chéris tant ne sers pas à sourire, mais à tenir debout. Le bonheur trouvé comble, il est la paix de la colombe…Mais Grand-père Nadji, l’oiseau blanc s’envole au loin, et le malheur revient ! Auras-tu la chance de rencontrer une autre joie pour que ton peuple retrouve ses forces? Tam-Tam-Tam… L’espoir n’apporte pas toujours le bonheur mais il permet d’y croire…ainsi, toujours une lueur brillera dans leur cœur ; et si le malheur vient, toujours restera l’espoir, Grand-père Nadji, apprend leur le bonheur et ils oublieront ! Grand-père Nadji apprend leur à espérer et la leçon restera…tam-tam-tam.

La girafe s’ébroua puis s’en alla, sans même un au revoir. Le vieil homme rouvrit les yeux, quelle surprise de se retrouver allongé dans la boue, ses vêtements empreints de poussière et d’eau. La girafe avait déjà disparu, était-ce possible qu’un si grand animal s’en aille aussi vite? Nadji se servit de son apprentissage de chasseur pour chercher les pas de l’animal, mais nulle trace de sabots dans la boue…Voilà pourquoi il n’avait pas été étonné d’attendre les paroles d’une girafe, il s’était assoupit et il avait rêvé….

 

______________________


à suivre...
 
© Calli Kayan