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Une lueur vacille entre Terre et Lune. La brume oscille, courant montagnes et dunes. Le monde va ou vient... Le temps grandit ou hésite... L'enfant s'est endormi et rêve de nuages. Moi, A cheval sur la vie. J'écris de la prose

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Blog crée le 22 Juin 2007
Blog modifié le 29 Novembre 2008

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Mercredi 26 mars 2008 à 12h21
Violence fragile
Violence fragile d'un écho qui murmure
Je fuis la montagne pour courir les collines;
Car mes éclats s'érodent et se cognent au mur.
Je m'endors, Inutile, au fond des poitrines.

***

Ce doigt sur vos lèvres fait office d'armure.
Piégées, les vérités de mes pensées chagrines...
Lèguent au silence leurs secrets les plus sûr
Avant que nos mémoires ne courbent l'échine

***

Violence fragile d'un écho qui murmure
J'ai perdu ma voix, dans ce monde qui s'en va.
Sans vivre vraiment, son récit d'aventure
Sans vivre vraiment, sa vie pas à pas

Calli Kayan
Mardi 25 Mars 2008
Mardi 11 mars 2008 à 2h47
Bulles

Bulles

Rouges, les premières lueurs du soleil  filtraient entre l’île de « Massa de Oro » et la falaise. En ce moment même, j’avais l’impression d’avoir un livre de voyages pulsant dans mes veines pour se libérer de mon cœur ; les pages jaillissaient de toute part, m’enroulant dans leurs bras, m’absorbant au creux de l’image d’un  paysage d’Espagne. Au loin, les vagues capricieuses cisaillaient les roches de l’île. La mer était sage comme l’illustration du guide « El parque natural de Massa De Oro » Il était sept heures trente et le zodiac galopait sur les chevaux d’écume. La vitesse me grisait et je fixais de mon mieux le soleil encore endormi. Des larmes de la mer jaillissaient des flancs écarlates de « La Sirena » et rougissaient mes yeux, entraînant quelques larmes de douleur à s’y mêler. Harassée de combattre les embruns je lâchas résolument le boudin du Zodiac pour refermer ma combinaison et mettre ma capuche. Mes doigts se refermèrent sur le caoutchouc souple de mon masque. Je passai cette sangle derrière ma tête et descendis le masque sur mes yeux. La Sirena retomba lourdement sur les flots ; et le miroir brisé de l’eau jaillit en éclats sur mon visage. Mais cette fois les gouttes heurtèrent la surface de mon masque sans m’atteindre. J’entendais vaguement quelques rires parmi le bruit du moteur. Mes yeux, bien à l’abri derrière leurs verres, cherchèrent les visages qui riaient. Sous la vitesse, les échos s’envolaient loin de nos oreilles et nous en devenions sourds. Enfin je repérai le sourire qui trahissait mon père. Il devait me juger bien étrange avec mon air d’extraterrestre, les sangles clinquant sur mes tempes et ma bouche ouverte comme un poisson hors de l’eau—Le masque emprisonnait aussi mon nez— En réponse je souris en levant un pouce, dans le silence assourdissant du moteur de la Sirena ; je ne pouvais qu’imaginer la sonorité de son rire franc grâce aux souvenirs.

«  Dis-moi tu comptes plonger sans équipement ? »

Rouge de honte je remarquai que la voix raisonnait clairement dans mes oreilles ; ce qui signifiait l’arrêt du bateau. J’avais fermé les yeux un moment ; quittant l’horizon rougeâtre vers lequel le Zodiac se dirigeait pour rêver. S’en était résulté un moment d’absence dont seule l’ouïe retrouvée me permettait de sortir. Sous les rires –réels cette fois—d’un plongeur,  je me préparai en écoutant Philippe, le patron du centre de plongée de Llançà.

« Nous voici sur le site de plongée de « Massa de Oro ». Il n’y a pas trop de courant et le ciel est dégagé —Les plongeurs se repèrent grâce aux reflets du soleil—. Je vous conseille de longer la « patate » juste en dessous de La Sirena. Il n’y a pas mal de gorgones rouges et même des coraux en fleurs. Ne cherchez pas la profondeur, c’est inutile. Vous verrez pas mal de mérous. N’hésitez pas à regarder dans les failles ; il y a souvent des poulpes. Une heure d’immersion maximum, mais faites demi-tour avant s’il vous reste moins de cinquante Bars. On n’est jamais trop prudent ici. »

Plaquant la main gauche sur mon masque et la droite sur le détendeur, je me laissai glisser du boudin du Zodiac en arrière. L’eau combla l’espace entre ma peau et ma combinaison accompagnée d’un frisson courant mon échine. Une fois toute la palanquée prête mon père fit un signe, exerçant un mouvement vertical, le pouce vers le bas. Je répondis en formant une sorte de zéro avec l’index et le pouce, laissant les autres relevés pour dire OK, puis j’attrapai la purge de ma staab. Je basculai mon corps, la tête vers le bas. Mes doigts vinrent se poser sur mon nez pour le pincer. Je soufflai brièvement mais fermement. La technique du Vasalva était obligatoire pour dégager les tympans de la pression accumulée lors de la descente ; sinon les oreilles devenaient douloureuses et forcer aurait conduit le tympan à littéralement exploser.

Nous nous éloignâmes de l’ancre, aidés par un courant suffisamment fort pour nous porter en douceur. Mon père conduisait la palanquée et nous mena vers la « patate » À la surface, les flancs écarlates de la Sirena luisaient faiblement. Un cliquetis étrange et récurrent s’imposa à mes oreilles, enveloppant mes tympans; le silence sous-marin s’installa autour de nous, épousant nos silhouettes et chacun de nos mouvements. Mon père alluma la petite lampe, répandant une aura douce de lumière. Les rayons dorés se laissaient porter comme un petit poisson tranquille. Les coraux rouges en fleurs qu’avait signalé Philippe valsaient doucement, diluant leur couleur au creux des reflets de notre lampe qui en devinrent orangés. Une ombre se faufila, interceptant  un instant la course de la lumière. Puis la silhouette imposante mais souple rendit son soleil à notre lampe, tout en se glissant à nos côtés. C’était un mérou royal, et ses écailles rouges luisaient, éparpillant la lueur de la lampe dans les recoins tel un prisme. Attiré par la tranquille créature mon père s’approcha. Le temps qui avait cessé recommença à s’écouler doucement lorsque le poisson fit danser la dentelle de sa nageoire caudale pour avancer pesamment. Il m’invita d’un geste de la main à le suivre. A la même allure que le mérou, portés par un courant qui semblait avoir légèrement forci nous commencions à le suivre. Sans crainte de trahison le mérou rouge nous mena à l’entrée de son trou où il se mit à faire du surplace, semblant attendre quelque chose. Un événement  pressenti peut-être ?

Le reflet du soleil se pâma et les alentours devinrent flous. Un courant froid brouilla ma vue. Le mouvement ample des coraux se fit plus saccadé. Ma Staab, qui me maintenait jusque là équilibrée à l’horizontale entre la surface et le fond, n’était plus suffisante. Je dus palmer pour rester équilibrée. Avec surprise je constatai que mes mains étaient égratignées, rougissant l’eau ; le filet de sang léger s’évaporait vivement dans le sens d’un courant qui commençait à se faire violent. Mon corps se plaqua contre la roche. Le courant de face nous tirait en arrière comme une main gigantesque. Luttant contre le haut de ma bouteille qui lui faisait obstacle, il avait enroulé ses doigts autour d’elle et l’empoignait avec une force aussi soudaine qu’incroyable, m’obligeant à céder quelques mètres. « Massa de Oro », lieu réputé dangereux par vent fort venait de s’éveiller.

A lutter inutilement comme un poisson trop orgueilleux, je m’étais épuisée et mon manomètre était descendu  à Cent Bars. Je cognai l’épaule de mon père en m’approchant de lui pour le prévenir que j’entamais la seconde moitié de ma réserve. Je lâchas mon rocher et lui parla en signes : ma main droite à l’horizontale et la gauche venant la couper perpendiculairement. Mais sans emprise désormais je ne parvins pas à résister contre le courant qui augmentait encore. Ce dernier se fit encore plus énergique devant cette victoire qui s’offrait à lui. Sans hésitations il m’emporta plus loin. Les doigts gantés de mon père  crochetèrent ma staab mais la lâchèrent aussitôt,  laissant la force de l’eau me balayer comme une menue girelle ; Je m’enfonçai dans la  forêt d’algues et de roches, cisaillant ma combinaison et mes gants.

Rouge, un filet de sang se détachait de mes doigts et parcourait les veines de l’eau pour se diluer doucement. Déroutée par tant de violence je levai doucement la tête : l’univers bleu s’était calmé mais demeurait trouble. Les particules en suspension coupaient les reflets rougeâtres du soleil en surface qui nous guidait habituellement. Mon masque était de travers et l’eau de mer à ses portes menaçait d’envahir l’intérieur... J’avais fini par m’abriter derrière une grosse roche et m’en détachais lentement, Laissant quelques fibres du tissu de mes gants accrochés aux aspérités. Mes yeux ne parvenaient pas à accrocher un point de repère. Des petites girelles colorées au corps effilé et souple s’empressaient d’avaler des brins de coraux brisés avant qu’ils ne retombent au sol. Enfin mon regard put se poser sur quelque chose : une silhouette imposante. Des éclats rouges teintaient ses flancs lorsqu’elle ondulait sur place avec calme. Fascinée par cette tranquillité rassurante qui effaçait un peu l’agitation aux alentours, je m’approchai. Mon profondimètre indiquait vingt mètres. J’étais encore dans une zone raisonnable. Plissant les yeux je distinguai finalement l’œil mobile du mérou de tout à l’heure. La roche derrière laquelle je m’étais coupée du courant jouait le rôle d’abri, vers lequel il nous avait pesamment menés, mon père et moi tout à l’heure. Le passage fou du courant avait laissé ses marques sur les coraux dont les branches les plus fragiles jonchaient le sol. Seule la présence du grand Mérou rouge toujours aussi tranquille me rappelait le paysage du début. Ce dernier s’ébranla doucement, ses nageoires s’agitant pour reprendre sa route. Je lui criai mentalement de ne pas me laisser ici sans rien d’autre que le vide bleu pour accrocher mon regard.

Guide malgré lui, le mérou royal cheminait parmi les posidonies—de grandes algues brunes et plates—, fleurant les roches qu’elles recouvraient. Ses yeux globuleux s’arrêtaient parfois de bouger en tous sens pour me fixer. Mon détendeur accouchait de petites bulles grandissantes au fur et à mesure qu’elles rejoignaient la surface. Il les suivit plusieurs fois du regard avant de se désintéresser de moi. Les nombreuses algues empêchaient le soleil de filtrer jusqu’ici et de me guider de ses rayons rougeâtres, mais je n’osais pas quitter le mérou. Tout était trop violent sans ce lien. Je regardai de nouveau mon manomètre : quatre-vingt bars : il serait bientôt temps de remonter en surface. Le courant m’avait emmenée loin du bateau et personne ne me verrait. Alors sans air, sans rien d’autre que le bleu de l’eau et des cieux je dériveras vers le large, perdue. Je voulais repousser ce moment, et me concentrai sur la poursuite du mérou, assez difficile pour me prendre tout entière. Son corps souple se faufila encore une fois parmi les grosses algues plates qu’il délaissait, semblant chercher autre chose.

Rouges parmi le brun des posidonies, les écailles de mon compagnon à nageoires me guidaient jusqu’à lui. Les algues entravant mes gestes me fatiguaient et ma réserve d’air descendait. Une étendue de sable s’offrit à ma vue ; à mon soulagement le mérou quitta les herbes marines pour parcourir tranquillement l’espace vide de toute roche et de tout corail. Mon corps se libéra tandis que mes doigts aidaient ma bouteille à faire de même. La petite aiguille du manomètre avait atteint le rouge : cinquante bars…Je m’approchai du mérou sans le toucher toutefois puis posai doucement ma main sur ma tempe le poing serré. C’était le signe universel que tout plongeur devait effectuer pour avertir le reste du groupe qu’il entamait sa réserve de secours. Le poisson me regarda un instant de ses yeux mobiles sans me fuir. Mon père aurait répondu en ouvrant ses doigts pour pointer la direction du Zodiac. Le grand mérou rouge se contenta de se retourner souplement pour continuer sa quête.

A nouveau, les larmes s’en prirent à mes yeux. J’inspirai plus doucement en me forçant au calme pour économiser. Mes larmes se déposèrent au fond du masque, bordant l’intérieur d’un liseret d’eau oscillant à chaque mouvement de ma tête. Me redressant un peu, basculant en arrière je posai mes doigts sur le masque pour souffler. Le bas de ce dernier se souleva dans l’effort ; laissant ma peine et ma peur nourrir l’océan de quelques gouttes de plus. Le mérou rouge s’engouffra dans plusieurs failles tandis que je l’attendais désespérément dehors, priant pour qu’il ne fuie pas d’un autre côté. Tout à sa recherche il semblait hésiter un peu parfois sur la direction à prendre, mais certainement pas dans sa quête. C’était son extrême concentration qui me permettait de le suivre sans qu’il ne songe à me craindre et à s’enfuir. Toujours guidée par l’éclat rouge de ses écailles je me faufilai dans une grotte parcourut de coraux aux branches fragiles, traversant un banc de sars que mon Mérou éparpilla en passant parmi eux, faisant danser les reflets du soleil roux sur leurs flancs nerveux. Trente bars…Dix-sept mètres, quarante-huit minutes. Le mérou s’arrêta enfin : approchant sa grande bouche de coraux en fleurs dans lesquels il mordit avidement.

Rouges, les gorgones dansaient doucement sur l’autre versant du tombant. Mon compagnon de « Palanquée », ce gros mérou de quarante Livres au moins, s’en approcha puis pencha son corps pour atteindre le corail. C’était donc ça : depuis tout à l’heure il cherchait de la nourriture. Vingt bars…J’avais inutilement suivi ce poisson, attirée par son calme et l’éclat écarlate de ses écailles. J’aurais dû essayer de me fier au soleil. Je m’approchai doucement des gorgones pour les regarder de près. Elles étaient jolies, c’était une belle vision avant de devoir remonter et dériver dans l’immensité de l’océan, complètement perdue. Mais tandis que la peur flouait mes yeux une troisième fois je relevai brusquement la tête vers la surface. Je voyais ma vie défiler devant moi au rythme de ces gorgones rouges. Les événements les plus récents surgissant en premier. Notamment les paroles de Philippe avant le départ : « Je vous conseille de longer la « patate » juste en dessous de La Sirena. Il n’y a pas mal de gorgones rouges et même des coraux en fleur ». Rouges , comme celles que j’avais devant moi. Aussitôt mes yeux fouillèrent le lieu. Des flancs écarlates apparurent et à défaut de les voir, j’imaginais les têtes penchées au-dessus pour me chercher. Le mérou rouge était toujours là, il avait cessé de manger pour me regarder avec curiosité. Mon index et mon pouce formèrent une sorte de zéro tandis que je laissais les autres tendus, signant le OK universel des plongeurs. Gonflant ma Staab je m’élevai doucement. Quinze mètres ; Dix…Cinq…Trois. Je m’arrêtai à cette hauteur pour effectuer mon palier de sécurité. Mes yeux se posèrent sur le prisme rouge des écailles du mérou pendant les trois minutes réglementaires avant d’apparaître à la surface. Dix bars…Zéro mètres… Soixante et une minutes.




Rouges, mes yeux me brûlaient, des larmes coulaient franchement sans être retenues par un masque. Elles tombaient silencieusement dans l’eau que je regardais par-dessus le boudin écarlate de « La Sirena ». Mon père et Philippe m’étreignirent. Tout haut ce dernier expliqua aux autres

«Comme vous le voyez, si vous êtes perdus, fiez-vous aux rayons du soleil en surface ; il n’y a pas meilleur guide. »

« Mon sauveur n’avait du soleil matinal que la couleur » Murmurai-je tout bas, en regardant la surface de l’eau calmée. Philippe chercha mon approbation pour sa théorie sur le soleil rouge qui commençait à prendre la teinte dorée de l’éveil. Je hochai la tête sans nier. C’était le mien, le nôtre ; le secret d'une rencontre de bulles entre une plongeuse perdue et un grand mérou rouge.

Mardi 4 mars 2008 à 13h26
Mémoires d'une chatte Albinos 1

Nouvel essai pour la nouvelle sur le thème "rouge". Concours national des universités de France (gloups) Plus original je pense et plus axé sur le rouge. Puisque tout ce qui la guide est rouge. Le plus dur restant cette fichue limite de 2500 mots. Voici le début avec pour l'instant 1990 mots

 


« Je me souviens de la première fois où j’ai ouvert les yeux et du goût des larmes. Ma mère disait que les chats ne pleurent jamais, n’aiment pas et ne haïssent pas…Ils survivent tout simplement ! Les sentiments sont faits pour les humains. Ce n’était donc pas moi qui pleurait, mais mes yeux. Aussi fragiles qu’étranges, ils craignaient le soleil de midi. Pourtant je me suis habituée et ça ne m’a pas empêchée de cabrioler comme une petite folle dans la ferme.

L’aube me tirait toujours du sommeil ; son voile d’un rouge doux me chatouillait les poils  et m’offrait une nouvelle journée de couleurs. J’aimais la lumière matinale, trop faible pour abîmer mes étranges prunelles. Mon jeu préféré consistait à suivre les rayons rouges du soleil à demi-endormi. Je sautais alors, debout sur mes pattes arrières pour essayer d’attraper les fines poussières dansantes qu’il révélait. Tout à mon jeu j’avais fini, ce jour-là par atterrir dans  la petite chambrette de ma maîtresse. Sur la commode en bois d’ébène marqué des griffures du temps, reposait un miroir. Une fissure parcourait son corps étrange et je m’approchai de cette créature immobile. Lorsque mes pattes arrières trouvèrent les draps doux comme appuis ; celles de devant osèrent se lever pour s’appuyer sur le bois noir. Mais une petite chatte arrêta mon exploration. Je ne l’avais pas remarqué avant ; elle devait avoir le même âge que moi…Ses minuscules pattes blanches frôlaient les miennes mais son contact était froid comme si sa fourrure était cristallisée ; dure comme un objet. Les oreilles et le museau pointés en avant elle me fixait d’un air de défi. Comme ma mère me l’avait enseigné j’émit un grognement sourd ; l’avertissant de ma domination. Elle aussi, plaqua ses oreilles en arrière. Ses yeux me mettaient mal à l’aise, ils étaient d’un rouge entêtant. Pendant longtemps encore je jouais avec la chatte inaccessible. Tantôt je la haïssais de ne pas pouvoir la toucher et de la voir répondre à mes provocations ; tantôt je l’aimais de partager ce moment avec moi. Le temps passa vite et midi arriva…J’allais cesser de jouer avec la chatte que je ne pouvais atteindre lorsque ses yeux rouges me fixèrent. Je la défiais de me quitter en première et elle répondait comme toujours. Le rayon profond du soleil bien éveillé cette fois donnait une étrange texture à son pelage. Il l’effaçait de moitié et sa silhouette était floue. Un instant encore je regardais ses yeux. Ils pleuraient ; me toisant pourtant sans tristesse aucune. Une goutte de pluie perla dans mon poil au même instant. Je compris que j’étais seule dans cette pièce à jouer avec mon reflet. J’étais la seule chatte dont les yeux pleurent disait ma mère. La seule qui avait deux coquelicots dans les prunelles.

***

C’est ainsi que j’ai grandi avec mon image. Ma mère disait que c’était inutile ; que l’identité d’un chat ne se trouve pas dans le regard mais dans les hormones. Moi j’aimais me regarder dans le miroir fissuré ; je restais de long moments à fixer mes yeux. Il faut dire que j’aimais beaucoup les coquelicots. On en trouvait dans les plaines de mon Anjou et j’appréciais leurs douce corolle chatouillant mon museau taquin. Le nez enfouit dedans, je leur volais la rosée du matin posée sur leurs pétales. Ils étaient de formidables mouchoirs soyeux. Même adulte j’ai continué de courir par les champs enfouir mon museau dans les coquelicots jusqu’à ce que l’humidité me fasse éternuer. Mais, écoutant ma mère comme tout chatte respectueuse se doit de le faire j’ai cessé de regarder dans le miroir ceux qui avaient éclos dans mon regard. Pierre aussi grandissait. Il apprit à faire du vélo vers ses 12 ans alors que mes pattes fatiguaient déjà un peu. J’apprit avec lui lorsqu’il me mit d’office dans un petit panier d’osier devant le guidon rouge ; juste à côté de la sonnette. Mes yeux pleuraient toujours pendant nos promenades…Surtout en été, l’époque des coquelicots. Je pense que c’était la pluie des nuages qui transcendait mon corps pour venir arroser ceux que j’avais dans mes prunelles. Ca serait si triste qu’ils se fanent et meurent de soif…

« Qu’elles soient chagrines ou heureuses. Les pluies font grandir les enfants, les cours d'eau et les coquelicots»

Les pluies tombant sur notre chemin de terre, près de la maison et dans nos cœurs étaient joyeuses. Depuis 17 ans maintenant je ne connaissais que le bonheur. Ma mère était morte depuis longtemps déjà mais je n’avais pas pleuré. Les chats ne pleurent pas disait-elle. Malgré mon âge je continuais de fleurer les coquelicots, posant mon nez au creux de leur cœur pour que leurs pétales entourent mon museau ; pliant légèrement mes moustaches. Ce jour-là, dans l’aube rougissante comme toujours je cavalais dans les champs. Un coquelicot soyeux n’attendait que moi et je me régalais à l’avance de sentir ses petits bras de soie entourer mon museau. Pourtant un mouvement sur le haut de la petite fleur m’en empêcha. C’était une coccinelle, avec ses petits points noirs sur le dos ; comme les petites tâches d’encre d’une écolière peu soignée ; sa jolie robe rouge qui ne se froisse jamais et ses ailes transparentes comme un filet d’eau. J’aimais ces créatures. Non pas pour la poésie qui s’en dégageait mais l’amusement. Mes instincts de chasse revenaient et je me mis à poursuivre gaiement la bestiole. Sa minuscule silhouette volait bas et je l’avais suivi en courant malgré mes muscles fatigués. La vilaine m’entraîna  près d’une maison voisine à la notre et me fit grimper jusqu’au grenier. Escaladant le mur de pierre ; bien décidé à regarder encore la coccinelle je n’hésitais pas et pénétrais dans ces lieux inconnus. Une forte odeur parmi tant d’autres inconnues me fit plaquer les oreilles. Mes yeux ne pleuraient plus car la pénombre les protégeaient. Une silhouette rousse et rayée s’approcha de moi ; me reniflant nerveusement. J’étais trop vieille et n’avait plus de chaleurs. C’était un drôle de avec une oreille en moins et un engin d’humain-Une vieille machine à écrire- posé sur le sol poussiéreux entre les pattes. Sur la lettre C la coccinelle était posée ; nettoyant soigneusement ses pattes fines. C coquelicot, C Coccinelle… Puis elle s’envola définitivement vers le ciel tandis que je faisais les présentations avec le vieux chat. Il avait un an ou deux de plus que moi. C’était son odeur qui me le disait. Ensemble, après nous être reniflé et même griffés légèrement pour montrer qui était dominant-ce fut lui- nous nous approchâmes de l’objet. Il m’expliqua qu’il avait vu son maître écrire et que ce dernier, ayant une migraine affreuse avait laissé la machine telle quelle sans la ranger pour aller se coucher. Il attendait une opportunité comme celle-là depuis longtemps car glisser les feuilles dedans lui était impossible. Comme c’était lui le dominant il eut le droit de s’informer le premier. Reniflant la machine ; mettant ses pattes dessus puis s’y frottant pour la marquer de son odeur. L’une de mes moustaches effleura l’engin et je posais ma patte blanche en même temps que la sienne sur une touche sans lettre. J’appuyais plus fort, curieuse de savoir laquelle c’était-nous autres chats savons parler et lire l’humain. Après tout pourquoi ne comprendrions-nous pas cette langue que nous côtoyons depuis toujours ? C’était un R…R Rencontre, R Rouge comme les coquelicots de mes yeux me souffla Aristote.

***

Je suis souvent revenue voir Aristote ; il était ce compagnon que je n’avais jamais eu dans ma jeunesse. Mes frères et sœurs ayant tous été donné à des amis de mes maîtres. C’était un être calme et patient qui ne se lassait pas d’étudier la machine pour l’apprivoiser. Son écrivain de maître avait définitivement abandonné ses poèmes ainsi que ses larmes. Les humains pleuraient eux, mais seulement quand ils avaient assez de larmes. L’amour-encore un sentiment humain- disait Aristote , lui avait volé ses dernières gouttes de sel. Mes visites avaient lieu chaque jour aux alentours de midi. C’était dans ces moments-là que j’appréciais le plus la pénombre du grenier qui protégeait mes yeux. Pourtant je manqua le rendez-vous un jour. Un seul jour, c’était l’anniversaire du plus jeune de mes maîtres et le mien-Nous étions né le même jour-Dix-huits ans de conclu. Pourtant le gâteau aux framboises bien mures n’était pas sur la table en bois de la cuisine... Pourtant, les sourires n’étaient pas sur les visages. C’était aussi la veille de l’anniversaire du plus âgé de ms maîtres qui, demain aurait 46 ans. –Mais comment tenait-il encore sur ses pattes ? A dix-huits ans j’y peinais moi-Mes maîtres et la femme de maison semblaient inquiets ; Immobiles dans la grande maison qui ne riait plus. Lorsque Pierre se leva, il me tira de ma sieste sur le seuil de la porte. Je remarquai alors l’entrée d’humains inconnus. Leur odeur était d’ailleurs ; ils avaient voyagé. Où ? Je n’en savais rien. Je me pelotonnais près de Pierre qui tremblait ; levant mes yeux malgré le soleil ardent je regardais l’homme étrange.

« Bonjour, Monsieur et Madame Le Franc. Jeune homme »

Il esquissa un drôle de salut en mettant sa patte-les humains appellent sa main-sur sa tempe.

« Vous n’ignorez pas l’appel que l’on a passé sur les ondes ? Bien, nous avons fait un petit recensement et nous vous prions de rejoindre le rang de nos patriotes qui se battent pour notre pays »


Ma maîtresse intervint. Je ne comprenais pas vraiment pourquoi il fallait se battre. Nous les chats, nous marquions notre territoire souvent de notre urine et chacun respectait les limites. Parfois une ou deux rixe éclataient mais aucun chat n’allait demander à l’autre de l’aider à se battre pour son territoire. Surtout si c’était un chat inconnu.

« Vous ne pouvez pas »
-Fit-elle d’un ton assuré-« Pierre est trop jeune, et Jean trop âgé. Vous avez dû vous tromper il n’y a aucun appelé dans cette maison »

« Madame ; la Mairie a inscrit leur nom et leur date de naissance dès leur premier cri. Et le registre est formel ; ainsi que nos règlements. Nous engageons tous les hommes en bonne santé de dix-huit ans à quarante-cinq. Jean Le Franc et Pierre Le Franc présentement l’âge requis. »

Moi aussi j’avais dix-huit ans mais ça ne me concernait pas, j’étais une femelle pas un mâle et j’étais un félin.

« Monsieur... »

« Colonnel » reprit l’homme sévère en vêtements militaires

« Colonnel, ne me faites pas ça. Je n’aurais plus d’homme à la maison et je suis malade. Jean aura un an de plus demain et Pierre n’en a dix-huit que depuis aujourd’hui »

« Aujourd’hui est aujourd’hui ; ce n’est plus trop tôt pour Pierre. Demain n’est pas aujourd’hui, il n’est pas trop tard pour Jean. Madame, il s’agit de défendre la France ! »

Mes maîtres furent priés de préparer leurs affaires ; Lise Le Franc secoua tristement la tête puis toussa violemment. Malgré le soleil en face de moi je remarquais son mouchoir blanc et soyeux se couvrir de rouge. Un peu comme un coquelicot dans lequel elle aurait mit son nez, comme moi. Mais le rouge était bien plus entêtant et l’éternuement provoqué n’était pas amusant ; il semblait faire mal. Je ne sais pas pourquoi la vue du sang me déplût ; j’en avais pourtant l’habitude avec les souris et les oiseaux. Peut-être était-ce parce faisait trembler la main habituellement ferme qui caressait mon pelage blanc ? Comme je voulais échapper à cette vision j’escaladais les escaliers et rejoignit Pierre et Jean ; me glissant en silence dans leur pas. J’ignorais leur mine triste, seul comptait Le sac sur leurs épaules comme lors de nos randonnées. J’aimais ces longues promenades parmi la campagne. Il y avait toujours des coquelicots sur le chemin ; plus encore que dans les champs où je me rendais le matin.

 
***

...A suivre...

Vendredi 29 février 2008 à 20h49
Cerf-Volant
Concours national : 2500 mots maximum: thème = Rouge. J'ai fais 2500 mots


Cerf-Volant


J'ai trouvé, perdu dans la lande
Accroché aux épines des ajoncs,
Emmuré par les grands troncs,
Un joli cerf-volant rouge qui tremble.

     Le renard roux filait moins vite que nos vélos rouges  à travers la lande. Ni les éclats de voix du vent, ni les chagrins du temps n’empêchaient notre promenade du dimanche après la messe. Amusées, amusantes… les odeurs d’herbe fraîche ondoyaient autour de nos roues grinçantes ; se prenant dans les rayons rouillés mais vaillants de nos destriers. Nos courses finissaient toujours au pied du grand pommier ; devant l’étendue d’ajoncs, le souffle court nous laissions encore galoper notre imagination. Bientôt les paniers se rempliraient à nouveau de pain. Bientôt nous mangerions. En attendant nous laissions soin au pommier de veiller nos vélos, ces derniers faisant sonner leur clochette en signe de réprimande pour cet abandon brutal. Les ajoncs rougissaient nos jambes de filets de sang légers et nos yeux de larmes de douleur contenue. Notre costume noir se déchirait en gémissant ; comme pour nous supplier d’arrêter notre avancée mais nous avions trop de courage. Nous n’étions plus des enfants mais des résistants. Les ajoncs devenaient cette armée de nazis au bracelet rouge bordé d’une croix noire. Le but à atteindre était le centre de ravitaillement secret ; autrement dit un buisson de ronces que les mûres rendaient bien plus sympathiques. Le but atteint, nos sourires effaçaient les plaies de nos jambes que la guerre avait rendues maigrelettes. Nos mains, sans se soucier des écorchures saisissaient les fruits que nos dents mâchaient avec avidité. Un ruisselet rougeâtre s’échappait de nos lèvres et habillait notre menton de sang de mûres.

Et puis, il y a eu ce jour en particulier, tu sais…Ce jour là en 1943. Nous avions déposé nos vélos au pied de notre arbre préféré. Leur corps de métal fragile tombèrent dans les fougères comme toujours, mais ils sonnèrent à qui mieux mieux comme les percussions de l’orchestre de l’Eglise. Nous les avons soulevé en les soutenant comme un soldat inquiet attraperait sous le bras son compagnon blessé. Sous leur peinture rouge écaillée, les fougères laissèrent entrevoir une autre teinte de vert que leur sève. Attrapant le morceau de métal je l’extrayais tout entier pour découvrir une petite bicyclette. Nos visages s’étaient mutuellement exprimé, à leur façon, une stupeur infinie. Un autre résistant avait trouvé notre cache, ou peut-être un soldat ennemi qui sait ? Je suis sûr que tu te souviens de nos échines ployées et de nos regards furtifs ; nous avions l’air de deux renards roux poursuivant un lapin. Les ajoncs nous firent subir les affres habituels mais nous n’en tenions pas compte. Prêt de nos ronces notre cœur s’était mis à déclamer sa peur sur le son d’un tam-tam rapide. Poussant les feuilles de chèvrefeuille nous avions notre regard sur un petit ruisseau qui filait vivement. L’eau d’habitude transparente était légèrement rougie de reflets irréguliers mais inquiétants. Nous imaginions déjà un ami blessé qui demandait de l’aide, ou un ennemi terré qui suppliait qu’on ne l’achève pas.

Nous sommes alors remonté le long du ruisselet. Une jambe fine et un genou ensanglanté nous accueillant. Mais ce n’était pas un soldat et encore moins un lapin, pas plus que nous n’étions résistants ou renards; c’était une fillette. Ses yeux bruns nous renvoyèrent notre surprise ; des larmes collant encore ses cils ; elle avait posé ses mains sur son genou que le sang avait rougit ; ramenant contre elle sa robe couleur cerise toute froissée et déchirée, elle demeura un instant sans parler ; remuant sa tête de droite à gauche. Je me suis rapproché tandis que la méfiance te soufflais de rester à l’écart. Moi, je la trouvais trop fragile pour nous faire du mal. Son doigt ensanglanté se leva en tremblant ; désignant l’étendue d’ajoncs. Accroché aux épines, ou plutôt aux mains griffues des Allemands, appuyé contre le tronc d’un arbre ; luttant de toutes ses forces, tel le plus digne des résistants…Un cerf-volant rouge.

Le souffle rouge, tissu ensanglanté;
Appuyé sur le flanc de l'églantier
Je le vois frissonner, dernière lutte...
Combattant qui refuse la chute.

D’un commun accord nous décidions de sauver cette fillette ; dans notre jeu, elle devint une femme épleurée dont le mari était prisonnier. Je plongeais parmi les ajoncs. Ce n’était pas comme les autres dimanches où nous longions seulement la première ligne ; là il fallait plonger au cœur des troupes nazies-Tous les allemands n’étaient pas des monstres, papa, était un allemand adorable-. Effrayé je m’encourageais à me rappeler quelques mots de cette langue si on m’interrogeait. Mais au fond, que ce soit en français ou autre les paroles ne s’échapperaient pas de mes lèvres que la crainte avait cousues. Le corps rouge du « mari » était mon seul point de repère parmi l’ocre entêtant des ajoncs. Mes yeux ne voyaient plus très bien, encombrés de larmes creusant des sillons sur mes joues. On aurait dit des soldats dans leurs tranchées qui avançaient prudemment pour lancer une offensive ; gagnant la colline où elles se terraient un instant pour continuer d’avancer et gagner la plaine de mes lèvres. J’étais comme mes larmes. Après avoir quitté l’abri du grand pommier je ne pouvais plus que descendre dans l’étendue d’ajoncs en pente ; je ne pouvais plus reculer ; il me faudrait aller jusqu’au bout pour récupérer le cerf-volant, en espérant ne pas mourir sur le sol, couché sur la terre battue comme une larme. A ce moment j’aurais aimé cesser notre jeu qui devenait plus effrayant que la réalité, mais mon esprit était bloqué dedans. Je ne pouvais plus me rappeler que les ajoncs étaient ajoncs et que le cerf-volant rouge n’était plus le corps ensanglanté d’un allié. Bientôt mes jambes me chatouillèrent et me brûlèrent en même temps ; les ajoncs faisaient leur travail, rongeant le costume noir du dimanche et ma résistance. Heureusement la couleur vive de la victime me faisait si mal à la tête que j’en oubliais mes pieds. Je devais continuer…

Sur ses os de bois je referme mes doigts
Nettoyer ses plaies dans le petit ruisselet.
Mais, sous le regard du menu roitelet…
Cerf-volant tremble encore, a-t-il froid ?

    J’avais enveloppé le fragile être de bois dans ma veste. Mais le vent lui arrachait encore des gémissements et tremblements. Le voyage du retour fut pénible mais j’avais une raison de marcher plus vite et d’oublier mes douleurs, je tenais le « mari » blessé dans mes bras et je ne voulais pas le laisser mourir. Sa peau rouge s’était déchirée en lambeau et je songeais à sa souffrance. Finalement, mes jambes dansant étrangement, sautillant pour éviter le plus d’épines possibles acceptèrent de me porter jusqu’à la fillette-la veuve épleurée me rappelait mon esprit en plein dans son jeu- Avec précautions je me baissais et m’asseyais prêt du ruisselet redevenu transparent. Je te félicitais d’avoir eu l’idée de déchirer un morceau de jupe pour faire un bandage au genou de la petite. Elle avait dû se le faire en tentant d’aller chercher son compagnon dans les ajoncs…Mais une femme n’était pas assez forte pour se battre contre les nazis ! Bien que je fus obligé de reconnaître son courage. Les manches retroussées je lavais le cerf-volant blessé qui gémissait toujours. Ne voulant pas voir la « femme » épleurée devenir veuve nous avons couru jusqu’à notre pommier ;  toi tu courais vivement devant, rapide comme toujours. Tu étais toujours le premier  aux courses à pied à l’école, nul besoin de connaître les couleurs pour courir. Je t’avais donc confié notre petite presque-veuve muette. Elle boitait encore un peu mais entraîné par tes bonds elle ne te ralentissait presque pas. La peur lui donnait des ailes semblait-il. Arrivé près de nos vélos rouges nous nous apprêtions à partir en trombe mais elle n’en pouvait plus. Alors j’ai pris le mien ; Posant mon blessé dans le panier j’ai décroché les quelques feuilles de fougères restées coincées sur le guidon. Et sous le chant d’un rouge-gorge juché dans notre ami le pommier, je dévalais la pente pour me retrouver sur le petit chemin de terre cabossé. Je savais où aller.

Rien n'est perdu, je cours, tombe, me relève
Je vais l'envelopper dans une feuille de vigne
Sur mon vieux vélo rouge, je courbe l'échine
Que la souffrance et la douleur ne l’achèvent...

Le chemin grossièrement dessiné faisait sauter mon vélo comme un étrange lapin rouge. Désormais j’étais devenu proie et le temps, ce fameux renard roux courant après moi. Plusieurs fois je sentis mes pieds déraper et une chute s’ensuivait inexorablement, tâchant la terre de mon sang. Mais je me relevais toujours ; c’était comme si sauver ce cerf-volant permettrait au monde de se sortir de la guerre. Son corps déchiré était vêtu des blessures de tout un pays. Mon pays ! Les ailes de la France posées dans mon panier je continuais ma route. Mes lèvres sèches réclamaient de l’eau mais j’étais un soldat, je ne pouvais ni boire, ni perdre mon temps à panser les plaies de mes jambes ensanglantées. Mes mains conduisaient seules, elles se rendaient vers le meilleur médecin qui soit. Je me souvenais de chaque branche de chêne toisant la route avec insolence mais ma petite taille me permettait de leur échapper, de me faufiler. Mon destrier épuisé faisait teinter sa sonnette mais je ne l’écoutais pas ; continuant de maculer ses flancs rouges d’une poussière terreuse. Plus vite, toujours plus vite. Bientôt, enfin, la maison du vieux brocanteur apparut. Je laissais glisser mon vélo à terre, une pensée pour toi et la fillette muette me vint à l’esprit tandis que j’enveloppais le trésor dans mes bras. Je savais que si je ne le sauvais pas la fillette veuve ne parlerait plus jamais…

Te menant chez le meilleur des médecins...
Je ne crains pas sa peau si blanche qui éblouit
Que sa  pipe en bois d’ébène allumée  noircit...
Ce grand-père bourru, que l'enfance adoucit

Maman nous disait de ne pas approcher cet homme. C’est vrai qu’il est plutôt étrange avec ses yeux rouges et sa peau si pâle ; presque aussi transparente que l’eau de notre ruisselet près du pommier. Mais c’était aussi un brocanteur réputé pour ses très beaux objets. Forcément, à force d’être seul il devait s’ennuyer le pauvre. Je soupirais un peu, je savais qu’en entrant dans cette cabane je ne risquais plus rien. Maman ne me gronderait pas, pas plus que nos vêtements déchirés à tous deux ; maman était partie avec papa-même s’il était allemand ; les nazis l’avaient traité de résistant…Ce qu’il était-dans un train noir. Puis on avait été à l’orphelinat, la maison des enfants abandonnés. Moi je n’avais jamais ressenti ça; je savais que nos parents étaient partis sans le vouloir, or un abandon est un crime horrible où le mot partir est désiré. Les larmes de nos parents, ainsi que leurs bras se tendant vers nous disaient tout le contraire. Chassant ces souvenirs de ma tête je m’approchais encore un peu plus. Les gravillons bordant la cabane solitaire crissèrent sous mes pas ; ameutant deux chiens pelés, l’un était blanc aux yeux verts comme l’émeraude et l’autre brun avec le regard aussi noir d’un profond tunnel. Mais ces yeux là étaient doux et accueillants, joueurs même malgré la vieillesse qui faisaient vaciller leur flamme. Leur queue remuait si vite et avec tant d’entrain que leur bassin suivait le mouvement, un aboiement rauque et fatigué mais au fond joyeux teintait les alentours d’un écho vivant. C’est ce qui attira le vieux brocanteur. Tout semblait âgé ici et mes jambes bien que jeunes aussi semblaient l’être ; elles tremblaient de partout. De peur et de douleur ; rougies par le sang d’un combat que j’avais mené, des ajoncs à cette course sur mon vélo. L’homme me regardait, plongeant le rouge de ses prunelles étranges dans le bleu des miennes, puis un sourire édenté se posa sur ses lèvres fines à la vue du cerf-volant couleur cerise. Il me fit signe d’entrer sans un mot. Pour lui, pour ce cerf-volant blessé, ce « mari » blessé à la guerre et cette fillette que j’avais improvisé femme épleurée, pour rendre notre maman disparue plus présente, en bravant ses interdits ; je rentrais.

Cerf-volant lui rappellera les yeux rieurs de Joséphine
Il m'a raconté, leurs aventures, leur cerf-volant.
Celui-ci avait succombé à la brutalité des épines
Quand il te caresse, ce  papi redevient un enfant.

Quelques jours de repos et l'on enlèvera ton attelle
Une fillette est venue te demander; si triste, crois-moi.
Entre deux sanglots. Elle m'a dit s'appeler Christelle
Pour son âge, tout comme moi elle utilise dix  doigts.



Je ne suis pas rentré à l’orphelinat. Dans sa voiturette ronronnante le vieil homme m’a ramené près du ruisselet ou tu m’attendais avec la petite. Il la reconduit chez elle, toujours silencieuse, tandis qu’il parlait à sa grand-mère-sa maman était en visite chez sa sœur malade- pour lui dire où il habitait ; pour récupérer le cerf-volant fit sa grosse voix râpeuse. Toi tu avais peur de sa voiture rouge, tu disais que c’était un monstre. J’ai dû te rassurer, tu t’en souviens ? Je t’avais dis, c’est un gentil monstre, alors tu étais monté. Jamais nous ne sommes retourné à l’orphelinat, parce que c’est vrai, nous n’étions pas des enfants abandonnés. Pendant plusieurs jours nous sommes restés à jouer avec les chiens ; nos pas crissant sur les gravillons. Puis, une voiturette pareille à celle du brocanteur arriva. La maman de la petite descendit en souriant. Je courrais chercher le convalescent. Sa robe rouge recousue flamboyait et comme je l’avais prédit elle reparla. Le vieil homme amena la mamie de Christelle à l’intérieur boire une tasse de thé. Maintenant que je connaissais son prénom, je ne voulais plus l’identifier à une femme épleurée dont le mari était blessé à la guerre. Elle était bien en enfant aussi, et lui en cerf-volant rouge. Ce n’était pas très chouette  de jouer à la guerre ; je crois qu’être moi était plus amusant et moins effrayant qu’un soldat.

Quand  elle a su que j'ai traversé toutes les épines...
Christelle m' a embrassé, en disant  qu'elle m'aimait
 Le grand père n'est plus bourru, la mamie est si gentille.
Comment s'appelle-t-elle déjà ? Ah oui...Joséphine.

J’étais un héros. Et comme disait Joséphine ; Nul besoin de faire couler le sang de l’ennemi pour l’être. J’avais empêché les larmes de sa petite fille de ruisseler sur ses joues, c’était le plus grand des exploits. Je crois qu’elle avait raison Jean. Oui vraiment. Aujourd’hui, rendu à l’âge du brocanteur –qui a vécu avec Joséphine, son amie perdue pendant la guerre-je peux m’en aller serein. Un sourire se peint sur mes lèvres. Je le sens étirer mon visage. Je peux partir heureux en repensant au baisé de Christelle sur ma joue. Je me rappelle que tu te moquais de moi car j’en étais rouge de confusion. Aujourd’hui encore, juste avant de m’en aller …J’en rougis.

Calli Kayan

Samedi 26 janvier 2008 à 13h24
Fantôme
Fantôme

Cloisonné au mur de mes lèvres...
La couleur hâve de mon corps.
Prisme de reflets, prisme de rêves...
Verre si fragile qui nie mes efforts.

***

Apparition incertaine d'un clair de lune
Dans l'antre de vos pupilles, une vague larme;
Le temps a grandi et cisaille les dunes.

***

Mais un jour, on retrouvera mon visage
Un souvenir au creux d'un bout de coeur.
Ce sourire d'enfant déposé sur vos pages,
Ombre qui longe l'âme, la frôle, l'effleure.

***

L'encre salée de vos yeux me redessinera
Annihilant mon absence pour une seconde aura.


Mardi 22 janvier 2008 à 13h01
L'alliance des lettres ou la genèse poétique
L'Alliance des lettres, ou la genèse poétique

Il était une fois des lettres, éparsesl'Univers, elles naviguaient, libres de toutes attaches dans le videqui ne s'appelait pas encore le vide. Il y avait 26 sortes de lettres ;plus ou moins rares selon l'espèce. Ainsi le E pullulait, se comptant en millions d'individus... que dis-je en milliards plutôt ; tandis que le Z en voie d'extinction tout comme son comparse le Y faisaient partis des espèces protégées.

Unjour une jeune lettre décida de changer les choses... J'ai dis jeunecar il est inscrit depuis toujours, dans l'histoire de l'univers que sesont eux qui se révoltent pour faire évoluer le monde. Qui plus est, ilfaut beaucoup d'énergie pour organiser une révolution, et encore pluspour cette révolution là justement.

Le A àl'origine de ce mouvement rencontra d'abord la difficulté de la communication... sans mots en effet, imaginez un peu le calvaire pourse faire entendre au travers de tout le vide interstellaire. Aferma donc les yeux et transmis cet appel avec son cœur. Avec ses sentiments d'amour et d'authenticité il bâtit un vaisseau spatial où illogea son idée ! Puis avec toute la Force de son désespoir lança cettefusée dans l'espace.

Les lettres diverses considérèrent d'abord avec haine, l'impudente qui voulait faire changer les choses, celle qui introduisait ce sentiment d'inconnu et donc d'insécurité, dans leur petite vie tranquille. Le temps passait et les multiples messages de A furent finalement considérés par les autres avec pitié... devant l'inconscience de cette jeune lettre "malade" qui ne comprenait pas l'ampleur de sa folie.

Cependant quelques individus des diverses espèces de lettres se sentirent concernés. Admettant peu à peu dans leur cœur qu’elles tout aussi étaient folles, au début elles cachèrent le sentiment de respect qu’elles éprouvaient pour A..Mais cet appel se fit si pressant qu'ils finirent par rejoindre lafondatrice. Mais il ne faut pas croire que les jeunes lettres étaient nombreuses, malgré les centaines de milliards d’individus... il faut dire que dans l'ensemble les lettres étaient des gens respectables, raisonnables et bien de leurs personnes. Seules 7 lettres se trouvèrent assez marginales pour rejoindre le Farfelu A..

Cette belle alliance naissante était un nouvel espoir... mais que pouvaient faire 7 malheureuses lettres ? Il y avait un couple de jeunes B, un couple de G, un N, un I et le A fondateur... Que faire avec ça ? Les lettres rebelles avaient découvert que si elles formaient un mot, leurs prononciacions différentess'allieraient en une grande sonorité et leur donneraient un certainpouvoir. Elles décidèrent donc de former un mot qui éclate depuissance, une force sonore qui ferait tout exploser... d'ailleurs EXPLOSER leur vint dans l'esprit... mais le si rare X était vraiment eXité à l'idée mais tenait trop à sa précieuse eXistence . Le P d'un ton Pédant claironna qu'il ne serait Partisan d'aucun Parti Politique ou Pas. Le L décidément Lent d'esprit Lambina tant qu'au bout de sa troisième demande d'explication on abandonna, le O en Overdose de ces bêtises déclara qu'il ne se sentait pas assez Oprimé pour vouloir changer les choses, le S Sursura Sournoisement que moyennant Salairecela pourrait se faire... or l'article 542 de la charte qu'avaitétablit la jeune alliance des lettres était claire, chaque geste seraitfait par la volonté de tous, et la volonté seule, afin que chaqueaction reste pure.

C'est donc deux B, deux G, un I, un N et un A qui devaient faire changer les choses... ce n'était pas gagné d'avance ! Mais un dernier membre arriva, un E, décidément très inspiré il réveilla tous les membres de l'alliancedes lettres au beau milieu de la nuit pour parler de ce songe trèsétrange qu'il avait fait à nouveaux complices.

Le lendemaindonc, tout fiévreux se dirigèrent vers le milieu de la Galaxie, enflottant comme toujours. Chacune se disposa comme il avait étéconvenu... Ils formaient en fait deux mots, Le couple de Bmenaient la danse en étant les premiers de chaque mot, pour ne pasrendre jaloux l'un des deux compagnons, pareil pour les deux G , mais à la fin des mots cette fois... on plaça le i entre le B et le G du premier, puis le A en seconde position dans le second mot, et le N en troisième... Quand au Eil ne pouvait se joindre à eux, car il lui fallait invoquer le soleilpour faire agir sa magie (oui le soleil était déjà présent dansl'univers... Mais n'avait pas de nom encore) les deux mots étaientdésormais là : BIG BANG . Ca ne voulait rien direcertes, mais c'était tout de même la première fois qu'était crée uneassociation de lettres... et le pouvoir de sonorité était là. Chacundes petits rebelles attendit avec impatience de voir ce que leursonorité donnait... Ils n'eurent pas longtemps à attendre ; En effetils sentirent une vive douleur dans leur corps, comme si ilsimplosaient, oui imploser, et c'est ce qui arriva...

Leur pauvre petit corps fut un instant ballotté dans l'espace, se déformant pour s'accoler les uns aux autres. Le A hurla en message de cœur (parce qu'il n'existait toujours pas de mots, sauf BIG BANG ) que malgré la douleur il était heureux d'avoir fait cela... ensemble les autres répondirent pareillement. Le Eimpuissant alla prier silencieusement le soleil d'inscrire leur nomdans le vide, que l'on sache, que grâce à eux, plus jamais le noirprofond ne resterait aussi vide...

Le Soleil illumina alors leshéroïques lettres, et leur corps mutilé se mit à briller... Enfin vintle moment, et éparses l'univers, mus par une force intérieur alliée àla magie de la sonorité les jeunes rebelles éclatèrent littéralement !Leurs morceaux de corps illuminés retombant dans le manteau noir duvide... pourtant ils ne s'effacèrent pas, tombant comme de la neige,ils venaient se poser doucement sans mourir cependant. Creusant sans levide froid des sillons de lumières grâce à l'amour brûlant qu'ilsavaient voué à leur idée... que l'on appellerait plus tard ETOILES .

Maisl'histoire ne s'arrête pas là. Après la magie du sacrifice... La magiede la sonorité, ne l'oublions pas. Donc cette force d'union créa unélément solid et rond, vide et sans vie, puisque qu'elle n'était qu'unamas de débris, de magie suite au BIG BANG . Il luifallait pour exister, en plus d'avoir une simple contenance physique,un mot... un mot pour elle, une sonorité qui lui donne une âme.

Vous souvenez de notre petit E , celui qui avait donné l'idée du mot BIG BANG... celui qui avait orchestré la magie de l'alliance des lettres etprié le soleil d'illuminer ces jeunes héros ? Et bien figurez-vous quele temps que l'amas de magie du BIG BANG se réunisse, il s'était marié et avait convaincu sa femme de l'aider... de même qu'un couple de Rles avaient rejoins... Mais bon un mot avec 4 lettres pour un espoirnouveau ce n'était pas assez fort... néanmoins ils essayèrent. Sepostant à l'entrée de la voie lactée (qui avait aussi été crée par lechoc du BIG BANG ) ils attendirent que la magie du soleil fasse effet... mais ça ne fonctionnait pas.

Tristesils s'apprêtèrent à se quitter, quel dommage que leur sonorité ne soitjuste assez forte que pour créer une légère douleur en eux, et unesimple lueur, inutile pour donner vie au résultat du BIG BANG... simple amas de cratères... Soudain un bruit se fit entendre,flottant dans les airs aussi vite que lui permettait le videintersidéral un T fendit l'air... c'était un toutjeune celui-là. En langage de cœur il s'expliqua " j'ai toujours voulutvous rejoindre mais mes parents m'ont retenu, j'ai réussi à leuréchapper". Sachant que les T étaient de puissantes lettres, le couple de E et les deux R reprirent espoir et se lièrent à nouveau tandis que le T venait en première position... position du sauveur.

Ladouleur se fit sentir, leur corps explosa... ils s'éparpillèrent enlumières dans le manteau froid, comme leurs prédécesseurs... et TERRE prit vie, elle n'était plus un caillou, elle était TERRE .

© Calli Kayan
Vendredi 28 décembre 2007 à 14h43
Dans quelques lendemains
Dans quelques lendemains

L'enfant ? Rira-t-il encore demain ?
Le cristal des larmes clot son jardin,
Et le vent insoumis guerroit en vain,
Les peurs retrouveront toujours le chemin.

***

Le jour se lèvera-t-il enfin ?
La nuit a volé la couleur des dessins.
Sourires tristes dans nos coeurs d'éther
Nos âmes si lourdes d'hommes trop fiers.

***

La ritournelle existera-t-elle encore ?
L'esprit vague se souvient à peine.
Au creux d'Amnésie, sa fidèle reine...
L'homme sait-il rire sans efforts ?

***

La fillette grandira un jour
Et la force de son vécu s'écrira.
animant ses doigts d'amour...
Cisaillant ces étaux d'effrois.

***

Le soleil s'éveillera sur nos paupières
Semant, éparses, de nouvelles teintures.
L'éther, que le temps dilue et défigure...
S'exilera enfin, de nos lèvres si légères.

***

La chansonnette douce de ma mère
Revient à ma mémoire qu'elle avait quitté.
Ce soir, sans crainte, se tait la lumière...
Dans quelques jours; la lune ouvrira l'été.

© Calli Kayan
Jeudi 27 décembre 2007
Samedi 22 décembre 2007 à 21h41
Je pars (poème illustré)

Je pars (poème illustré) - Rain-Blog

Je pars

Une lueur vacille entre Terre et Lune
La brume oscille, courant montagnes et dunes.
Le jour s'éteint; pas à pas. Votre monde s'enfuit
Et mon étoile s'en va, dans cette nuit qui bleuit

***

L'enfant s'est endormi et rêve de nuages.
A cheval sur ma vie j'écris de la prose...
Larme silencieuse glisse sur la lune rose.
Habillant les lèvres pieuses d'une peine sans âge

***

La vie a gravé ses collines sur ma frêle poitrine.
Les années sillonent mes lignes, courant mon échine;
Le fusain du portrait d'enfant s'efface à l'encre des émois
Comme une main s'étend; le temps voyage en moi

***

Un peu de lassitude, perle au coin de mes prunelles
Un songe pour prélude; je rêve de repos éternel.
J'offre un dernier sourire à votre monde trop gris...
Vous léguant pour soupir; un brin de poème sur la vie.

***

Souvenez-vous de l'enfant qui chantait au bord des rives.
Celui qui mirait dans l'étang le printemps qui arrive,
Peut-être a-t-il trop souffert ? Il s'enfuit désormais.
Eparpillant votre poussière d'un dernier coup d'aile.

© Calli Kayan
Samedi 22 décembre 2007
Dimanche 16 décembre 2007 à 12h53
Déclaration
Déclaration

Le miroir de l'océan s'est paré d'un blanc bondissant
Embrassant les rochers de son écume galopante,
Vêtu de ce sari mouvant, leurs pointes s'adoucissent.
Et les pierres abandonnent leur silhouettes tranchantes.

***

Au fil du temps, tandis que s'émousse la haine des rochers;
Mes pieds s'habillent de la fraîcheur d'un matin rosé,
Le sable se marie à mes lèvres chaudes énamourachées.
J'aime cette plage, embrassant ce soleil d'azur irisé

***

Les souvenirs de ces années passées jamais ne s’effilochent
Clairs comme l'eau qui ruisselle dans mes cheveux frisés
L'océan couché autour de moi révèle le regard de l'intérieur
Restituant le brun de ma prunelle, et la faiblesse de mon cœur.

***

Cette plage est ma force et ma tendresse; ma peur et ma colère;
Ces pas ennemis qui ont foulé mon sable, cette trahison impunie.
J'efface du verre brisé de l’eau, sa silhouette et son regard austère.
Pour avoir préféré à mes yeux bruns, le bleu doux d'une autre amie

© Calli Kayan


Vendredi 14 décembre 2007 à 20h19
Dessin de couverture
Mon second receuil est presque terminé....D'ailleurs je viens de finir de dessiner la couverture aujourd'hui :

Dessin de couverture - Rain-Blog