La jeunesse d'un antan
Quelques mèches de cheveux blancs qui s'éparpillent...
Courant le chemin d'une ride, traçants un passé éloigné;
Une histoire glorieuse que la maladie du temps pille.
Arrachant l'or des fils de la jeunesse de l'être aimé.
***
Tu te raccroches à ces cheveux filins et tombe avec eux;
Son regard las a perdu la lueur que tu recherchais.
Dans ta chute, tu entraînes le souvenir de tes yeux...
Défunte l'image de jeunesse de cet être que tu aimais.
***
Ce n'est pas ton dos qui te fais le plus souffrir, mais le sien
C'est son échine courbée qui te brûle tant et t'épuise.
L'épée de combat glisse des doigts et s'abîment les reins;
Les crocs du temps ont cassé cet être; les os se brisent.
***
Par sa respiration haletante, tu sens que t'étouffent ces chaînes
La lueur de ses yeux est juge sévère de ta propre fatigue.
Tu sais que tu veillis, c'est sa souffrance qui t'apprend la tienne,
Car ce que tu refuses en toi, l'autre te l'offre sans mensonge.
***
C'est pourquoi, vieille femme, tu t'es languis de ton amant.
Pour t'avoir avoué de son regard ta terrible déchéance,
Tu le crains, cet homme aux cheveux si rares et si blancs
Tu le hais, cet être ami et compagnon que tu chérissais tant.
© Calli Kayan
Samedi 14 juillet 2007