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Une lueur vacille entre Terre et Lune. La brume oscille, courant montagnes et dunes. Le monde va ou vient... Le temps grandit ou hésite... L'enfant s'est endormi et rêve de nuages. Moi, A cheval sur la vie. J'écris de la prose

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Blog crée le 22 Juin 2007
Blog modifié le 12 Décembre 2008

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Vendredi 18 juillet 2008 à 20h19
Demoiselle
Demoiselle

En pleine nuit la ville dérangée ouvrit ses yeux fiévreux ; peu à peu les lumières des demeures se rallumaient. le cri des bombes à l’agonie venant s’écraser sur le pavé et les maisons avaient dessiné de lourds cernes noirs sous ses paupières…Notre ville ne dormait plus et nous non plus. Cette nuit-là encore je suis terré dans un coin de notre abri souterrain. Toujours le même coin, nous avons nos habitudes. Je vois mes parents sans les regarder et j’oublie mon grand frère engoncé dans la silhouette de l’ombre. Mon père essaie de plaisanter comme toujours mais c’est moins drôle qu’avant. Papa où est passé ton ventre bedonnant qui tremblait quand tu riais ? Et ce rire si franc, si vrai est-il parti en voyage ? Beaucoup de choses ont disparu comme ça, d’abord la beauté du visage de maman et la beauté des paysages aussi ; les couleurs et les champs de blés. La guerre est une voleuse, je perds espoir de revoir un jour le chatoiement des ailes d’un damoiseau papillon. Papa a cessé de plaisanter, épuisé il incline doucement sa tête et ébouriffe mes cheveux dans une ultime tentative pour laisser mourir son sens de l’humour dans la dignité, puis il s’éloigne. Quelque chose est tombé sur mon bras lorsque mon père a dérangé ma tignasse épaisse, c’est léger et délicat ; dans la lueur faible d’un rai de lumière lunaire survivant j’entrevois un petit rond, un petit rond rouge…Une tâche de sang ? Etrange, je n’ai pourtant pas mal…Mais soudain voilà que le petit rond bouge et se met à courir vers la paume de ma main.

Ca chatouille, ça fait rire aussi…Un vrai rire comme je n’en avais plus eu, mon bras en frissonne, qu’il est bon de se sentir encore vivant, une bombe hurle encore comme si elle refusait sa mort inéluctable, le temps s’égraine sous son cri terrifiant avant de s’écraser tout près de nous ; un rayon de lumière étrange et jaunâtre envahi l’abri souterrain et dévoile la petite demoiselle perchée sur mes doigts. Oh la jolie fée; c’était toi que j’attendais depuis longtemps, la beauté qui manque aux enfants pour sourire encore. Je te regardais sans jamais te quitter des yeux. Tu étais belle mais tu avais tout de même pleuré comme nous tous, des petites tâches perlaient sur ta jolie robe rouge en preuve de ton chagrin, mais cette peine ancré en toi appartenait au passé, présentement tu cavalais, joyeuse sur ma ligne de vie. A petits pas comptés, légers, si légers sans méfiance tu t’aventurais sur le bout de mes doigts. J’avais oublié les lamentations des bombes et l’humidité de notre abri souterrain qui se faufilait sous mon pyjama. Comme toi qui dansais, faisant voler le jupon transparent apparaissant sans pudeur sous l’ourlet de ta robe d’été. Et tes jolis yeux noirs comme deux petites billes rondes. Ces yeux-là qui jouaient savamment de la faible lumière pour charmer quiconque les regardaient. Un long moment je t’ai gardé pour moi dans le creux de ma main mais c’était difficile. Aventurière tu te logeais partout dans les plis de mon pyjama et te glissais jusque dans mon cou, te lovant dans mes cheveux. Tes envolées bien qu’éphémères me rendaient un peu jaloux car j’aurais souhaité, moi aussi, pouvoir fuir. Mais très vite j’oublie, j’oublie de t’en vouloir et je finis par t’offrir aux regards avides de ma famille. Avec stupeur ils découvrent ton minuscule visage d’ange et ta jolie robe rouge.

Mais soudain tu cesses ta promenade comme si l’ombre te rattrapais tout à coup. Ma pauvre fée, tu viens juste de t’apercevoir que tes ailes ne sont rien ici, derrière cette porte close. Ma jolie demoiselle égarée tu perds l’esprit et te cogne maintenant contre mon épaule. Le tissu de ta robe rousse se froisse et le jupon transparent apparaît, indécent maintenant aux yeux de tous, défait. Je ne souris plus et mes parents non plus ; les bombes continuent de siffler leur douleur, notre douleur…Prisonnière que tu es, prisonnière que nous sommes…Tu pleures maintenant jolie demoiselle mais sans tâcher ta robe cette fois. Affolée tu te heurte aux parois froides des murs de béton avant que je ne te saisisse vivement pour t’éviter de t’assommer. Je m’approche de la sortie de notre abri et tâte le plafond pour retrouver la trappe. Mon père a comprit ce que je veux faire et tente de m’en empêcher mais je me débats. Si j’ouvre cette porte je risque de mourir clame-t-il tandis que ma mère étouffe un sanglot ; mais si je ne te libère pas je sais que nous allons tous mourir cette nuit même. Je tire sur mon pyjama qui se déchire un peu mais mes gestes restent fermes, de toutes mes forces je pousse vers le haut pour soulever la trappe si lourde pour mes 12 ans et demi, c’est difficile et je gémis sous l’effort, des perles de sueurs venant se mêler à la pluie salée de mes yeux qui coule sans retenue. Mon père hurle, fou de rage, ma mère essaye de ne pas éclater de sanglots sans y parvenir, moi je pleure sans essayer de me retenir et j’y parviens très bien…Et puis enfin, accompagnant le bruit d’une autre bombe finissant sa misérable vie près sur le parvis de notre grande église, la trappe de notre abri s’ouvre dans un grincement terrible. Alors mon père cesse de me retenir car il est trop tard maintenant ; je tend ma main qui s’était faite prison et te souris…Tu montes au sommet de la pyramide de mon index, calmée maintenant que tu sens le vent frais ébouriffer ta robe rouge tâchée de noir. Je murmure quelques mots tendres et je te remercie pour l'oublie que tu m’as offert, pendant la guerre, nous avons oublié la guerre et il n’y a pas de plus beau cadeau. Tu te retournes vers moi une dernière fois puis te redresse pour regarder le ciel que des éclairs de lumière violente déchirent avant de faire voler les pans de ta robe écarlate et de ton jupon transparent. Je regarde le petit point qui s’enfuit en ziguezaguant, évitant sans peine le corps lourd des obus, si légère, si légère…Si libre...Ma jolie demoiselle coccinelle

© Calli Kayan
Vendredi 18 juillet 2008 à 20h17
Absence
Absence

Ils ont grandi dans mon regard mais je meurs de mon absence, les yeux hagards.... Quelques embruns de brouillard et de rires frôlent mes joues… Froides de larmes impossibles. Une main d’enfant dessine un sourire sur mon visage malgré moi. Mais il s’efface, tout  doucement, il s’efface  sous la fièvre de mes chagrins transis. Et je reste seul, immobile, dans le silence d’une maison trop vide…Par la fenêtre je vois les arbres qui tanguent sous les caprices du vent ; je vois les enfants qui montent dans la voiture, je vois mais personne ne me voit. A veiller chaque jour leurs peines qui creusent leurs joues ou leurs éclats de rire qui allument leurs yeux ; comme ils l’ont oublié…J’oublie que j’existe. Quand ils me quittent  je deviens l’ombre qui a perdu son soleil ; je les hais, ils me tuent…Je les aime, ils m’offrent la vie; c’est leur vie qu’ils se renvoient  dans mon regard, passant des heures à me fixer sans me parler, à me voir sans me regarder. Parfois une chanson rempli la salle tandis que mon cœur se vide, car cette chanson-là n’est jamais pour moi. Je leur offre une identité, je sais qui ils sont mais qui suis-je ?

Ils m’abandonnent en souriant, je ne leur manquerai pas mais ils me manqueront eux. Je rêve d’une vie qui ne serait pas la leur, une histoire qui ne serait que mienne mais j’oublie, inexorablement, j’oublie que j’existe. Seul, malade, je redeviens inutile, comme les autres…je meurs encore, une fois de plus ; une dernière fois. Mes pensées se taisent . Hier j’ai cru que je pouvais respirer mais ce n’était pas mon souffle, c’était celui d’un enfant penché sur moi qui posait ses lèvres contre les miennes pour s’amuser ; il s’est enfui en riant… Reprendre c’est voler ! Voleur ! Rends-moi ton souffle, rends-moi mon espoir…Mes pensées se taisent et ma révolte épuisée s’apaise. Je meurs…Aidez-moi, au fond de mes yeux, juste une fois, cherchez mon reflet, que je vois mon visage dans vos prunelles…Juste une fois, je vous en prie. Je sens que ma vie s’en va pour redevenir transparente comme il se doit, c’est injuste mais c’est comme ça…Je suis miroir malgré moi.

© Calli Kayan
Vendredi 18 juillet 2008

Mardi 22 janvier 2008 à 13h01
L'alliance des lettres ou la genèse poétique
L'Alliance des lettres, ou la genèse poétique

Il était une fois des lettres, éparsesl'Univers, elles naviguaient, libres de toutes attaches dans le videqui ne s'appelait pas encore le vide. Il y avait 26 sortes de lettres ;plus ou moins rares selon l'espèce. Ainsi le E pullulait, se comptant en millions d'individus... que dis-je en milliards plutôt ; tandis que le Z en voie d'extinction tout comme son comparse le Y faisaient partis des espèces protégées.

Unjour une jeune lettre décida de changer les choses... J'ai dis jeunecar il est inscrit depuis toujours, dans l'histoire de l'univers que sesont eux qui se révoltent pour faire évoluer le monde. Qui plus est, ilfaut beaucoup d'énergie pour organiser une révolution, et encore pluspour cette révolution là justement.

Le A àl'origine de ce mouvement rencontra d'abord la difficulté de la communication... sans mots en effet, imaginez un peu le calvaire pourse faire entendre au travers de tout le vide interstellaire. Aferma donc les yeux et transmis cet appel avec son cœur. Avec ses sentiments d'amour et d'authenticité il bâtit un vaisseau spatial où illogea son idée ! Puis avec toute la Force de son désespoir lança cettefusée dans l'espace.

Les lettres diverses considérèrent d'abord avec haine, l'impudente qui voulait faire changer les choses, celle qui introduisait ce sentiment d'inconnu et donc d'insécurité, dans leur petite vie tranquille. Le temps passait et les multiples messages de A furent finalement considérés par les autres avec pitié... devant l'inconscience de cette jeune lettre "malade" qui ne comprenait pas l'ampleur de sa folie.

Cependant quelques individus des diverses espèces de lettres se sentirent concernés. Admettant peu à peu dans leur cœur qu’elles tout aussi étaient folles, au début elles cachèrent le sentiment de respect qu’elles éprouvaient pour A..Mais cet appel se fit si pressant qu'ils finirent par rejoindre lafondatrice. Mais il ne faut pas croire que les jeunes lettres étaient nombreuses, malgré les centaines de milliards d’individus... il faut dire que dans l'ensemble les lettres étaient des gens respectables, raisonnables et bien de leurs personnes. Seules 7 lettres se trouvèrent assez marginales pour rejoindre le Farfelu A..

Cette belle alliance naissante était un nouvel espoir... mais que pouvaient faire 7 malheureuses lettres ? Il y avait un couple de jeunes B, un couple de G, un N, un I et le A fondateur... Que faire avec ça ? Les lettres rebelles avaient découvert que si elles formaient un mot, leurs prononciacions différentess'allieraient en une grande sonorité et leur donneraient un certainpouvoir. Elles décidèrent donc de former un mot qui éclate depuissance, une force sonore qui ferait tout exploser... d'ailleurs EXPLOSER leur vint dans l'esprit... mais le si rare X était vraiment eXité à l'idée mais tenait trop à sa précieuse eXistence . Le P d'un ton Pédant claironna qu'il ne serait Partisan d'aucun Parti Politique ou Pas. Le L décidément Lent d'esprit Lambina tant qu'au bout de sa troisième demande d'explication on abandonna, le O en Overdose de ces bêtises déclara qu'il ne se sentait pas assez Oprimé pour vouloir changer les choses, le S Sursura Sournoisement que moyennant Salairecela pourrait se faire... or l'article 542 de la charte qu'avaitétablit la jeune alliance des lettres était claire, chaque geste seraitfait par la volonté de tous, et la volonté seule, afin que chaqueaction reste pure.

C'est donc deux B, deux G, un I, un N et un A qui devaient faire changer les choses... ce n'était pas gagné d'avance ! Mais un dernier membre arriva, un E, décidément très inspiré il réveilla tous les membres de l'alliancedes lettres au beau milieu de la nuit pour parler de ce songe trèsétrange qu'il avait fait à nouveaux complices.

Le lendemaindonc, tout fiévreux se dirigèrent vers le milieu de la Galaxie, enflottant comme toujours. Chacune se disposa comme il avait étéconvenu... Ils formaient en fait deux mots, Le couple de Bmenaient la danse en étant les premiers de chaque mot, pour ne pasrendre jaloux l'un des deux compagnons, pareil pour les deux G , mais à la fin des mots cette fois... on plaça le i entre le B et le G du premier, puis le A en seconde position dans le second mot, et le N en troisième... Quand au Eil ne pouvait se joindre à eux, car il lui fallait invoquer le soleilpour faire agir sa magie (oui le soleil était déjà présent dansl'univers... Mais n'avait pas de nom encore) les deux mots étaientdésormais là : BIG BANG . Ca ne voulait rien direcertes, mais c'était tout de même la première fois qu'était crée uneassociation de lettres... et le pouvoir de sonorité était là. Chacundes petits rebelles attendit avec impatience de voir ce que leursonorité donnait... Ils n'eurent pas longtemps à attendre ; En effetils sentirent une vive douleur dans leur corps, comme si ilsimplosaient, oui imploser, et c'est ce qui arriva...

Leur pauvre petit corps fut un instant ballotté dans l'espace, se déformant pour s'accoler les uns aux autres. Le A hurla en message de cœur (parce qu'il n'existait toujours pas de mots, sauf BIG BANG ) que malgré la douleur il était heureux d'avoir fait cela... ensemble les autres répondirent pareillement. Le Eimpuissant alla prier silencieusement le soleil d'inscrire leur nomdans le vide, que l'on sache, que grâce à eux, plus jamais le noirprofond ne resterait aussi vide...

Le Soleil illumina alors leshéroïques lettres, et leur corps mutilé se mit à briller... Enfin vintle moment, et éparses l'univers, mus par une force intérieur alliée àla magie de la sonorité les jeunes rebelles éclatèrent littéralement !Leurs morceaux de corps illuminés retombant dans le manteau noir duvide... pourtant ils ne s'effacèrent pas, tombant comme de la neige,ils venaient se poser doucement sans mourir cependant. Creusant sans levide froid des sillons de lumières grâce à l'amour brûlant qu'ilsavaient voué à leur idée... que l'on appellerait plus tard ETOILES .

Maisl'histoire ne s'arrête pas là. Après la magie du sacrifice... La magiede la sonorité, ne l'oublions pas. Donc cette force d'union créa unélément solid et rond, vide et sans vie, puisque qu'elle n'était qu'unamas de débris, de magie suite au BIG BANG . Il luifallait pour exister, en plus d'avoir une simple contenance physique,un mot... un mot pour elle, une sonorité qui lui donne une âme.

Vous souvenez de notre petit E , celui qui avait donné l'idée du mot BIG BANG... celui qui avait orchestré la magie de l'alliance des lettres etprié le soleil d'illuminer ces jeunes héros ? Et bien figurez-vous quele temps que l'amas de magie du BIG BANG se réunisse, il s'était marié et avait convaincu sa femme de l'aider... de même qu'un couple de Rles avaient rejoins... Mais bon un mot avec 4 lettres pour un espoirnouveau ce n'était pas assez fort... néanmoins ils essayèrent. Sepostant à l'entrée de la voie lactée (qui avait aussi été crée par lechoc du BIG BANG ) ils attendirent que la magie du soleil fasse effet... mais ça ne fonctionnait pas.

Tristesils s'apprêtèrent à se quitter, quel dommage que leur sonorité ne soitjuste assez forte que pour créer une légère douleur en eux, et unesimple lueur, inutile pour donner vie au résultat du BIG BANG... simple amas de cratères... Soudain un bruit se fit entendre,flottant dans les airs aussi vite que lui permettait le videintersidéral un T fendit l'air... c'était un toutjeune celui-là. En langage de cœur il s'expliqua " j'ai toujours voulutvous rejoindre mais mes parents m'ont retenu, j'ai réussi à leuréchapper". Sachant que les T étaient de puissantes lettres, le couple de E et les deux R reprirent espoir et se lièrent à nouveau tandis que le T venait en première position... position du sauveur.

Ladouleur se fit sentir, leur corps explosa... ils s'éparpillèrent enlumières dans le manteau froid, comme leurs prédécesseurs... et TERRE prit vie, elle n'était plus un caillou, elle était TERRE .

© Calli Kayan